Rappel du Sommaire du N° 19 (cliquez sur les liens pour accès direct à un article)

* Les cerfs-volants à vol négatif
* Les cerfs-volants paragrêles
* Les ailes souples
* La construction des cerfs-volants
* Chute de planeur
* Le cerf-volant Fraysse
* L'ascension ... d'une vache en aéroplane
* La construction des petites mongolfières
* Observation météorologique par cerfs-volants
* Pour favoriser l'emploi du cerf-volant de sauvetage
* Construisez
* Les Planeurs à grande envergure
* Correspondance
* la Ligue française du Cerf-Volant

 

3° ANNÉE
N°19
FEVRIER 1911
LE CERF-VOLANT
Les Aéroplanes en Réduction
ET
La Photographie Aérienne

Publiant le Bulletin Officiel de la "Ligue Française du Cerf-Volant"
.
Rédacteur en chef
: G. HOUARD
Adresser toute la correspondance à M. l'Administrateur du Cerf-Volant, 32, rue Madame, Paris.
 

Les Cerfs-Volants à vol négatif

 
  Nous avons vu, dans le précédent article, qu'un Cerf-Volant peut s'équilibrer dans l'air quelle que soit la valeur, positive ou négative, de l'angle B que fait la corde de retenue avec l'horizon : rien donc ne s'oppose au point de vue théorique, à la réalisation de ce que nous avons appelé un Cerf-Volant à vol négatif.
   Mais il reste à voir si, en pratique, cette réalisation est possible.
Or quelle est, pour cela, la condition à remplir ? C'est évidemment que le point de retenue du câble du cerf-volant soit situé à une certaine altitude au-dessus du terrain d'expé­riences, de façon que le cerf-volant puisse trouver, au dessous de ce point, un espace libre pour évoluer.
   Il est évident que la nacelle d'un ballon captif, par exemple, la chose est parfaitement réalisable ; il en est de même de la nacelle d'un dirigeable ou d'un aéroplane et, en parlant des applications possibles, nous verrons que peut­être les cerfs-volants à vol négatif sont appelés à rendre d'importants services aux futurs navires aériens.
   L'expérience pourrait encore se faire du sommet d'un édifice élevé, de la plate-forme de la Tour Eiffel, par exemple Enfin nous pourrons encore trouver les conditions requises en pays de montagne, en opérant au bord d'un escarpement dominant une vallée.
   On sait combien sont fréquents les vents circulant parallèlement aux bords d'une vallée encaissée, qui canalisent en quelque sorte le courant d'air. Il suffira alors, pour lancer un cerf-volant à vol négatif, de se placer au bord d'un escarpement et de fixer la corde de rete­
 

nue à l'extrémité d'une longue perche hori-zontale A B, de façon à bien dégager le point d'attache, pour que le cerf-volant se trouve entièrement plongé dans le lit du vent (fig.1).
   Remarquons à ce propos que l'opération du
  
lancement est des plus simples, puisqu'il suffit de laisser descendre le cerf-volant dans le vide en filant sa corde de retenue ; aussitôt qu'il se trouvera dans le lit du vent, il s'orien­tera et prendra de lui-même sa position d'équilibre.
  L'expérience peut donc être parfaitement réalisée et l'on voit que cerf-volant à vol le négatif ou, pour employer un terme abrégé, le Cerf-Volant négatif n'est pas une pure abstraction de l'esprit.
  Reste à voir si un tel appareil est suscep¬- tible d'applications qui en rendent l’emploi intéressant.
  Tout d'abord, nous devons faire remarquer



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LE CERF-VOLANT
     

que, pratiquement, pour réaliser un cerf-volant négatif, on ne disposera pas l'appareil comme nous l'avons indiqué à la fig. 4 du précédent article. Il y aura, en effet, avantage à brider le cerf-volant de façon qu'il se présente tel que A B (Fig. 2).

          

  Le centre de pression o est rapproché du bord d'attaque A, qui est maintenant le bord inférieur de l'appareil; le centre de gravité b devra alors se trouver au-dessus du centre de figure et la direction de la ficelle de retenue F, passant par le point d'intersection I des
        
forces p(poids) et N (pression normale) coupera le plan du cerf-volant en un point c entre o et b.
  Une autre remarque s'impose également au sujet des conditions de vol d'un cerf-volant négatif; on sait que l'effet du vent, sur la

 
corde de retenue est loin d'être négligeable : il agit par sa pression sur la surface antérieure de la corde et, dans le cas ordinaire du cerf-volant positif, il a pour effet d'augmenter notablement la courbure de la ficelle de retenue. Celle-ci, au lieu de prendre la forme géométrique de la chaînette C F D (fig. 3) se creuse davantage et prend la forme C E D, chaque point E de la corde étant soumis a deux forces, le poids élémentaire p et la pression normale du vent n en ce point.
  Dans le cas du cerf-volant négatif, la corde est encore soumise en chaque point aux deux forces p et n, mais l'effet de n est, cette fois, opposée a celle de p, par rapport a la courbure, en sorte que la corde de retenue, au lieu de prendre la forme de la chaînette D F C (fig. 4) prend la forme, moins creusée, D E C.
  Dans le cerf-volant négatif, le rayon de courbure de la corde de retenue est donc plus grand que celui de la chaînette, et la corde prend une forme se rapprochant encore de la ligne droite.
  Quelles sont maintenant les applications possibles d'un tel appareil ? Elles sont presque les mêmes que pour les cerfs-volants positifs ordinaires.
         
  Par exemple, en pays de montagnes, un cerf-volant négatif permettra d'établir une communication entre un sommet escarpé et le fond d'une vallée ou un point quelconque de l'autre rive, pourvu que ce second point soit à un niveau inférieur au premier. Pour établir cette communication et forcer le cerf-volant à traverser obliquement la vallée, il suffira de brider l'appareil de façon à obtenir une certaine dérive. En même temps qu'il descendra dans la vallée, le cerf-volant se rapprochera de l'autre versant et la communication entre les deux rives se trouvera établie. Il est à peine besoin d'insister sur les services que ce procédé peut rendre dans certains travaux comme l'établissement de canalisations électriques en terrains ravinés.

 
LE CERF-VOLANT
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  Le cerf-volant négatif peut trouver égale-ment une application intéressante dans la topo-graphie en pays de montagne, s'il s'agit de photographier certains détails d'un fond de vallée inaccessible.
  Mais c'est principalement à la navigation aérienne, lorsque celle-ci aura pris l'importance que l'avenir lui réserve certainement, que les cerfs-volants négatifs nous semblent appelés à rendre de réels services.
  Lorsque de véritables navires aériens sil-lonneront l'atmosphère, il y aura des ports pour les recevoir et leur atterrissage donnera lieu à des manoeuvres analogues à celles des navires maritimes entrant dans un bassin et se ran¬geant à quai.
  Le navire aérien devra donc lancer des amarres à terre et il est bien évident que,
  
pour la précision et la rapidité des manoeuvres on ne pourra se contenter de laisser pendre ces amarres au petit bonheur vers le sol car, balancés par le vent et par la marche de l'Aéroscaphe, elles seraient trop difficiles à saisir à terre; il faudra donc, de toute néces¬sité, que ces amarres soient guidées vers le sol et c'est précisément ce qu'on obtiendra au moyen des cerfs-volants négatifs.
  Imaginons, par exemple, un navire aérien quelconque A, dirigeable, aéroplane ou autre, s’approchant du port aérien où se trouve le hangar Il qui doit l'abriter (fig. 5). Un peu avant d'arriver au-dessus du terre-plein d'atterrissage, il lance un cerf-volant néga-tif C N et, grâce au vent relatif que créé sa marche, le cerf-volant prend une orientation parfaitement définie, tend fortement sa corde de retenue et descend vers le sol dans la direction voulue pour être saisi à terre par les hommes du port. La communication entre ceux-ci et l'équipage de l'Aéroscaphe est ainsi établie sans à-coup et les câbles d'amarrage sont amenés à terre avec la précision que demandent ces délicates manoeuvres.
  Ces indications, que nous ne faisons

 
qu'esquisser, suffisent à montrer que les cerfs¬volants négatifs sont parfaitement susceptibles d'applications des plus utiles et les cerfs¬volantistes, qui sont certainement nombreux dans les pays de montagnes, sont tout désignés pour se livrer à l'étude et à la mise au point d'un appareil qui sera, sans aucun doute, appelé à prendre sa place parmi les engins nécessaires et indispensables au déve-loppement rationnel et réellement industriel de la Navigation Aérienne.

                                              J. LECORNU,
                                            Ingénieur E.0 P
.

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    Les Cerfs-volants paragrêles
              (Suite et fin) (1).

  Je tiens à relever - brièvement - plusieurs points dans le dernier article de M. Fairwind.
  a) M. Fairwind pense que l'enlèvement d'un cerf-volant à l'aide d'un cheval ou d'une auto-mobile n'est pas pratique, la nuit surtout. Je suis entièrement de son avis, mais il y a d'au-tres procédés ingénieux, simples et commodes qui peuvent être employés. A titre d'indi-cation, je signalerai celui imaginé par M.H. Fabre (de Marseille) (2) dont la description sortirait du cadre de cette note.
  b) M. Fairwind me trouve injuste envers les Sociétés d'agriculture quand je les accuse d'inertie. J'entends surtout par ce mot la résistance passive à toute innovation. Mon opinion est basée sur ce fait que durant l'année 1910 plusieurs associations agricoles - dont une a son siège social et son centre d'action à moins de 10 kilomètres de Paris - encouragées par des maires rétrogrades ont voté les fonds nécessaires à l'achat de canons paragrêles dont l'inefficacité est manifeste.
  Je sais parfaitement, en ce qui concerne les paragrêles, de quoi il retourne, mais si actuel¬lement je n'apporte pas de données plus explicites, c'est que la discrétion m'a été imposée.
                                               Pierre POIRIER

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         Les ailes souples

  M. Crouvezier dit, dans son article du mois de décembre que l'on doit rechercher la rigi-dité entière de l'appareil, qu'il considère comme un garant de la stabilité. Il prend comme



(1) Le cerf-volant n°` 13 et suivants.
(2) Brevet d'invention communiquè au conservatoire des Arts et Métiers.

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LE CERF-VOLANT
     

exemple un cellulaire mixte, dont il veut que les ailes planes soient rigoureusement fixes.
  Je ne partage pas son avis.
  1° D'abord, théoriquement, si les ailes sont parfaitement rigides - et cela surtout si les ailes sont grandes par rapport aux cellules (cas des cerfs-volants oiseaux) - par une saute de vent un peu supérieure à la marche normale de l'appareil (la densité du cerf-volant dépend de la vitesse du vent) le corps cellulaire Hargrave est incapable de maintenir à lui seul la stabilité. Mais si l'on permet le gauchissement des ailes, celles-ci prennent la forme d'un dièdre dont l'angle diminue à mesure que le vent augmente. Si le vent redevient normal, l'élasticité des montants des ailes les ramène sur un même plan. Ces ailes avec brides élastiques jouent un rôle de régulateur. Il me semble - théoriquement du moins - que ce système offre un avantage.
  2° J'ai été amené à appliquer ces notions. Elles m'ont donné d'excellents résultats :
  Ayant construit un cerf-volant oiseau com-posé d'un corps cellulaire Hargrave triangu-laire de 0m.40 de côté, l'oiseau ayant 2 mètres d'envergure et 1 m.20 de hauteur, j'ai d'abord essayé cet appareil avec ailes rigides. II donnait des symptômes manifestes de son insta-bilité : il décrivait, arrivé à quelques mètres de hauteur et pour une certaine valeur de la vitesse du vent une série de cercles qui tendaient à l'abaisser.
  Ayant ensuite repris les expériences - avec le même appareil - mais après avoir aminci le bois des ailes vers la cellule de manière que sous l'action du vent les ailes puissent se courber en arrière je fus heureux de constater que le cerf-volant se maintenait parfaitement en l'air par des vents de 6 à 7 mètres coupés par des rafales de 12 à 15 mètres. C'est là un fait expérimental et je m'étonne que M. Crouvezien, en bon cerf-volantiste, n'ait pas eu déjà à s'en occuper.
  D'après son article il faudrait condamner aussi le cerf-volant à ailes élastiques de M. Roch Donzella ?
  Je serais heureux si M. Crouvezier voulait, dans le prochain fascicule du Cerf-Volant, me faire connaître s'il persiste toujours dans les ailes fixes et, dans ce cas quelles sont ses raisons.
                                                    E. BERGER
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  La construction des cerfs-volants

  Les lecteurs du Cerf-Volant nous demandent la publication d'articles sur la construction des cerfs-volants. Pour les satisfaire, nous publions aujourd'hui la description détaillée

 
d'un appareil anglais dont l'un de nos collabo-rateurs a déjà entretenu le lecteur.
  Pour alimenter cette chronique dont nous désirons poursuivre la publication chaque mois, nous voulons espérer que nos lecteurs nous prêteront leur précieux concours et qu'à cet effet, il voudront bien nous communiquer les résultats obtenus avec des cerfs-volants de forme nouvelle qu'ils auront imaginé ou per-fectionnés et nous indiquer leur mode de con-struction.
  C'est en collaborant au Cerf-Volant, en faisant connaître aux autres lecteurs le fruit de leurs recherches, qu'ils nous aideront à répandre et à propager la pratique du cerf-volant.
  Qu'ils ne craignent donc pas de nous adresser des articles trop longs; si l'abondance des matières nous oblige à supprimer quelques lignes, nous retrancherons les passages les moins intéressants et les moins utiles de leurs rubriques.
                                                   G. HOUARD.

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   Cerf-volant mixte à double cellules

  A la fin de juillet 1909, la Kite Flying association of the Great-Britain organisa un important concours de cerfs-volants, qui réunit plusieurs types remarquables.
  Parmi ceux-là, il en est un que nous avons construit et expérimenté et qui nous a donné des résultats excellents. Sa construction est des plus faciles; elle ne nécessite pas l'emploi d'une charpente lourde et compliquée et sa densité n'étant pas trop élevée, cet appareil par une brise légère, peut s'élever à de grandes hauteurs.
  L'appareil que nous avons essayé a fait preuve, dès ses premiers essais, d'une très bonne stabilité, et il est parvenu à monter avec un angle satisfaisant à 800 mètres de hauteur environ. Il s'est maintenu à cette altitude durant plus de deux heures et il est redescendu parfaitement et sans accident. Lors du deuxième essai, la corde de retenue s'étant rompue, notre appareil emporté par un fort vent n'a pu être retrouvé, ce qui nous a empêche de continuer les expériences que nous avions l'intention de poursuivre.
  Le constructeur devra tout d'abord se munir des bois suivants :
  1 baguette de peuplier de 15 m/m x 7 .,5 m/m et de 2 m.30 de longueur.
  2 baguettes de peuplier de 15 m/m x 7 .,5 m/m et de 2 m de longueur.
  1 baguette de peuplier de 15 m/m x 7 .,5 m/m et de 0m.85 de longueur.

 
LE CERF-VOLANT
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 1 tige de bambou de 2 m. 40 de longueur ou deux tiges de 1 m. 20, réunies par un raccord en cuivre ou en aluminium.
  2 tiges de bambou de 2 mètres de longueur pour tension des cellules. Ces tiges pourront être remplacées par deux rondins en bois blanc de 2 centimètres environ de diamètre.
  La voilure peut être constituée par 7 m. 20 de toile d'une largeur de 0 m. 80° en suivant exactement les indications que nous donnons plus loin; toute cette longueur sera utilisée sans aucune perte d'étoffe importante.

  Voilure
  (a : ailes). - Prendre un rectangle de toile de 1 m, 45 de long sur 0 m. 80 de large ; le diviser en deux parties suivant une diagonale que l'on aura précédemment tracée. Ces deux morceaux constitueront la partie inférieure des ailes. Pour l'extrémité supérieure, procéder de même avec cette diffé¬rence que le morceau de toile employé ne devra avoir que 0 m. 55 de long sur 0 m. 80. Ces quatre parties seront assemblées de telle sorte qu'elles formeront ensuite les deux ailes de l'appareil.
  (b : surfaces arrières des cellules). - Les deux surfaces arrière des cellules seront comp-

    
posées par deux morceaux de toile de 0 m. 55 de long sur 0 m. 80 de large.
  (c : surface triangulaire supérieure). - Cette partie de toile sera constituée par un rectangle de toile de 0 m. 30 sur 0 m. 80.
  (d-: cellules mixtes triangulaires). - Ces quatre cellules seront ainsi faites : deux morceaux d'étoffe de 1 m.60 de longueur sur 0 m. 55 de largeur, constitueront les quatre cellules.
  La voilure sera ourlée sur les bords qui n'auront pas de lisière.

  CARCASSE ET MONTAGE
  La voilure étant assemblée, comme l'indique

 
la figure l, placer les extrémités de la grande baguette d-2 m. 30 dans des goussets (1) placés
   
en A et en A'. Les baguettes de 2 mètres seront fixées de la même manière aux points BB' et CC'.La voilure est ainsi maintenue dans le sens de la hauteur par ces trois épines dorsales. Elle est tendue transversalement par la vergue DD' qui est fixée à l'aide de cordonnets après les montants aux points E et F et ses extrémités sont enfilées dans des goussets.
  Une verguette HG est placée dans la partie inférieure du cerf-volant et a pour but de rendre l'ensemble plus rigide. L'espace com¬pris entre les deux plans arrière des cellules et limité par les points EFHG ne reçoit aucune surface.
  Dimensions :
              AA' = 2m.30
              B B' = 2m.00
              C' C= 2m.00
              BE, CF, HB', GC' = 0m.55
              B'A'C' BIC = 0m.80.
              B'A', BI = 0m.40.
              DE, FD' = 0m.80.
              DE, EF, FD' = 2m.40.
              EH, FG = 0 m.90.
              AI = 0 m.30.
        
  Partie cellulaire : Prendre les morceaux de toile de 1 m.60 sur 0 m.55, pour chaque partie cellulaire. Au milieu de la longueur, c'est-à-dire à 0m.80 des extrémités latérales, on clouera (2) le tissu sur le montant prin-cipal de l m.30 en IM(partie supérieure) et en NA' (partie inférieure).
  Les extrémités des cellules seront cousues sur le plan principal en DE et en CF pour la cellule supérieure et en HB' et GC' pour la cellule inférieure. La couture devra être faite autant que possible près des montants de 2 mètres.
  Un bambou de 2 mètres, ou à défaut un rondin

(1) Les goussets seront faits dans les chutes d'étoffe. Voir figure 2.
(2) On rendra la cellule plus solide en la cousant avec la toile du plan principal, au lieu de la clouer sur le montant.

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LE CERF-VOLANT
     

de sapin ou de peuplier sera fixé à l'aide d'une couture ou de rivets en cuivre sur le milieu de chaque cellule aux points LL' et KK'

          

de la figure 3. L'attache est à 6 brins qui partent trois par trois de chaque cellule et se réunissent au point O.

                      ***

  Ce cerf-volant, qui est fort simple à cons-truire, se démonte aisément et se loge dans un étui de 2m.30 sur 0m.16 à 0m.20 de diamètre.
  En suivant nos indications, le lecteur confectionnera un cerf-volant qui lui donnera d'excellents résultats et qui, par sa stabilité étonnante, lui permettra de réaliser de nom-breuses expériences.
                                             G. DUB0UCHET

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          Chute de planeur

  Au cours d'une expérience de planement, l'aviateur Montalbanais Louis Bouzat a fait une chute grave. Elle est due à une fausse manoeuvre du gouvernail de Direction.
  Rappelons à ce sujet que M. Louis Bouzat n'en est pas à ses premiers essais.

    Dans le courant de novembre 1906 il s'éleva plusieurs fois au moyen d'un cerf-volant unique.
  Nous reparlerons dans notre prochain numéro de l'appareil et du mode de lancement qui est très simple et des plus pratiques.
                                                     A. Poult
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           LES NOUVEAUX APPAREILS

  Le Cerf-Volant Fraysse

  Si l'on vient à considérer, d'une part, que malgré les énormes projets accomplis dans la science de l'aéronautique, les aéroplanes n'en restent pas moins des engins effroyablement meurtriers et que, de l'autre, beaucoup de gros industriels, au lieu de s'ingénier à les perfectionner, préfèrent s'occuper d'une façon plus rémunératrice à reproduire servilement certains modèles privilégiés dont Eole daigne quelquefois autoriser les prouesses, on ne peut s'empêcher de jeter un long regard d'admira-tion vers le monde infiniment plus modeste de tous ces petits ouvriers de l'air qui, dans un coin silencieux d'atelier, recherchent et
   
combinent sans cesse un assemblage mirifique de bouts de bois et de morceaux d'étoffe qui permettra peut-être un jour à l'homme d'explo-rer impunément les profondeurs éthérées de l'espace d'un vol aussi prompt et aussi agile que celui des oiseaux.
  J'eus, tout dernièrement, l'heureuse occasion de rendre visite à un de ces intéressants cher-cheurs du délicat problème de la navigation aérienne. Je le surpris dans son modeste ate-lier, penché sur un établi encombré d'avions minuscules, la barbiche comiquement saupoudrée de sciure de bois et avec, dans le regard, quelque chose de vague et de méditatif comme la plupart de ceux dont l'intelligente pensée ne se lasse jamais d'accompagner jusqu'aux nuages quelques machines volantes de leur invention... Lorsque notre aviateur apprit

 
LE CERF-VOLANT
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que je prenais l'interviewer en qualité de reporter du journal « Le Cerf-Volant » il en ressentit une grande joie, rangea ses outils d'un geste prompt et se mit à converser aussi-tôt sur le scientifique joujou de Franklin avec une faconde si passionnée que je n'eus aucune peine à en déduire qu'il était, tout comme moi, cruellement piqué par la tarentule de cerf-volantisme. Puis, comme tout en l'écoutant, je ne pouvais m'empêcher de lancer de temps à autre quelques oeillades à un superbe volatile rouge appendu au plafond, il comprit ma pensée, s'empressa de me le faire admirer sur toutes ses faces en agrémentant cette agréable exhibition de nombreux renseignements que je vais me faire un plaisir de communiquer aux lecteurs de ce journal.
  L'appareil Fraysse (tel est le nom de son inventeur) procède de l'oiseau, du poisson volant et du navire aérien. Il se compose d'une cellule Potter (encore un Potteriste !) pourvu d'ailes latérales, planes et rigides, ainsi que d'ingénieux dispositifs qui en font un planeur absolument nouveau.
  On remarque, en effet, sur son arête dorsale une voilure verticale de forme trapézoïdale V (figure I) servant de gouvernail ainsi que de trois plans horizontaux p, p', p" qui concou-rent très appréciablement à la sustentation de l'appareil lorsqu'il s'appuie à la ligne de retenue et qui font office de parachute dès qu'il est abandonné à lui-même. Il est muni en outre de deux ailerons équilibreurs a, a', l'un à l'avant l'autre à l'arrière, constitués par des plans triangulaires se coupant en angle droit et qui, vus de loin, imitent à s'y méprendre la tête et la queue d'un véritable oiseau.
 

  Avec cet ingénieux esquif aérien, que j'ai tenu à voir évoluer dans le vent, l'inventeur paraîtrait avoir solutionné d'assez satis-faisante façon, le problème troublant de la stabilité automatique dont on se préoccupe beaucoup actuellement pour nos aéroplanes. J'ai pu constater, en effet, que la disposition inédite et soigneusement étudiée de sa voilure

 
l'immobilise complètement sous la poussée du fluide et lui interdit tout capotage, même lorsqu'il vient à se soustraire accidentel-lement à la traction de sa corde; ce qui autorise à supposer, jusqu'à un certain point, qu'en augmentant ses proportions et en y adaptant un moteur on réaliserait un intéressant avion pouvant se défendre des mauvais vents et se jouer de la traîtrise de leurs remous. II y a lieu cependant de rappeler à ce sujet, et cela dans l'intérêt de tous ceux qui orienteraient leurs recherches de ce côté, que la disposition cellulaire pour les aéroplanes est condamnée par Tatin (voir sa brochure- Eléments d'aviation) parce qu'elle aurait pour effet d'augmenter trop consi-dérablement la résistance à leur pénétration. Je n'en demeure pas moins persuadé, comme beaucoup de cerfs-volantistes d'ailleurs, que l'aéro d'avenir naîtra du cerf-volant perfectionné.

   
 
  Expérimenté comme aéroplane captif, l'ap-pareil Fraysse fait preuve d'une grande facilité d'envol, réalise de beaux angles d'élévation qui ne sont jamais inférieurs à 45° et parvient à soulever par vent moyen un poids mort de 4 à 5 kilos environ par mètre carré de surface portante.
  Toutes ces qualités le classent dans la catégorie des appareils à grandes altitudes et il paraît avoir sa place toute marquée dans les observatoires météorologiques.
  A l'instar de beaucoup de cerfs-volantistes sérieux et convaincus, M. Fraysse caresse déjà le rêve de se faire soulever par un accouple-ment de ses planeurs, mais je crains fort que son intéressant modèle, merveilleux quand on l'utilise seul, serait par contre peu pratique pour la constitution d'un train, ayant appris par l'expérience qu'un bon cerf-volant d'atte-lage doit être avant tout d'une grande simpli-cité de construction, très maniable, et d'un montage extrêmement rapide. Je me suis donc permis de conseiller au futur ascensionniste de simplifier quelque peu l'anatomie de son oiseau artificiel pour lui permettre de rééditer avec plus de chances de succès, les prouesses aériennes des Madiot et des Saconney.
  Ce planeur n'en demeure pas moins des plus remarquables et je ne pense pas, ceci dit en

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LE CERF-VOLANT
     

toute sincérité et sans esprit d'exagération ni but de réclame, qu'il puisse s'en construire de plus stables. Aussi ne fus-je guère surpris lorsque son inventeur m'avoua, avec une mo-destie d'autant plus appréciable qu'elle n'est pas toujours le propre des inventeurs... méri-dionaux, son récent succès au concours Lépine. Il me montra également quelques coupures de journaux relatant en prose laudative certaines expériences qu'il eut l'occasion de faire dans quelques villes de France où il se trouvait de passage. En voici une d'ailleurs des plus suggestives et qui ne manquera pas d'amuser le lecteur.

  L'ascension... d'une vache en aéroplane


           Châlons-sur-Saône 9 septembre 1910.

 «Comme nous l'annoncions, M. Fraysse, le sympathique inventeur de deux jolis planeurs expérimentés dans la prairie Saint-Cosme a tenté d'enlever, hier après-midi, la vache en baudruche du chocolat Vinay.
  «L'intérêt de cette épreuve n'était pas seu-lement tout comique, comme on pourrait croire. Elle avait surtout pour but, dans l'intention de M. Fraysse, de démontrer combien son appareil est stable. Il est évident que, si même en emportant avec lui dans les airs une masse de poids léger, mais opposant par son volume une énorme résistance à l'air, le planeur réussit à s'élever et à se maintenir solidement, c'est qu'il est donc d'une incon-testable stabilité. Les essais commencés vers 2h.1/2 ne furent d'abord pas heureux. Le vent avait failli au rendez-vous. A 50 mètres de hauteur, il n'y avait plus un souffle d'air.
  
L'aéro, à la corde duquel on avait attaché le gigantesque bovidé dûment gonflé dans la plénitude de ses formes rondouillettes, le brave petit aéro s'enlevait bien jusqu'à 50 m

 
avec son fardeau, mais, une fois là, retombait faute de vent. Chutes assez rapides dont la vache se tira indemne, mais non l'appareil, qui eut un peu de bois cassé.
  «On le remplaça par un autre et, vers 4 h. 1/2 un deuxième essai fut tenté qui réussit mieux. Enfin, vers 6 heures moins le quart, les nombreux curieux qui avaient eu la patience de rester jusqu'au bout en furent récompensés par un spectacle peu banal. Glissant par un anneau sur la corde tendue, l'énorme bête, au souffle du vent gagna peu à peu les hauteurs et à 6 heures on eut la vision, à 300 pieds du sol, d'une vache aviatrice, qui, la tête en bas, la queue en l'air, témoignait par le frétillement continu de son a appendice le plaisir et l'orgueil qu'elle éprouvait d'être la première dame de son espèce, soulevée à une pareille hauteur!
  «L'atterrissage s'opéra merveilleusement et c'est dans ses bras mêmes que M. Maurice van den Eynde, inspecteur du chocolat Vinay, put recueillir avec un empressement attendri, après beaucoup d'inquiétude, l'audacieuse et héroïque baudruche, revenue du ciel sans le moindre accroc.»
  Après notre amusant confrère de Saône-et-Loire, je m'empresse d'ajouter qu'il est regrettable que la vache symbolique du chocolat Vinay ait été enlevée par un cerf-volant unique au lieu de l'être par tout un train de cerfs-volants. Elle n'eût pas manqué en effet d'être ébahie bien davantage et cela aurait peut-être permis pour l'avenir de remplacer, dans le langage du cerf-volantiste en particulier, l'expression bien connue :
  Faire des yeux comme une vache qui regarde passer un train par celle-ci beaucoup moins terre à terre et toute d'actualité :
  Faire des yeux comme une vache qui regarde... voler un train.

  Et maintenant je vois venir, comme à regret, le moment où je dois clore mon agréable entre-tien avec les amis lecteurs. En parcourant mon article (le côté humorisque bien entendu mis à part) ils n'auront peut-être aucune peine à y constater que j'ai tenu, afin de les mieux intéresser, à puiser à la source même les ren-seignements instructifs qui précédent. Aussi bien sauront-ils reconnaître que j'ai poussé le souci d'une bonne documentation jusqu'à relever, avec assez de précision certains croquis dont ils pourront à l'occasion tirer profit.
  II serait superflu, cependant, qu'ils m'en témoignent une trop grande reconnaissance, car le fait d'avoir rendu hommage dans les colonnes d'une feuille scientifique, aux réels mérites d'un bon et fervent cerf-volantiste, qui sans cela seraient peut-être restés encore longtemps

 
LE CERF-VOLANT
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ignorés, constitue pour moi une satisfaction des plus douces m'ayant déjà récompensé très largement du zèle et du dévouement avec lesquels je collabore à cette excellente revue.

                                               MARCEL VIVENT.

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La construction
          des petites Montgolfières

  L'enveloppe d'une montgolfière est en général de forme sphérique et sa surface n'est pas développable sur un plan. II faut cependant construire une sphère avec des surfaces planes de papier ou d'étoffe.
  On est conduit à remplacer la surface sphérique par un certain nombre de surfaces séparément développables, et dont l'ensemble devra se rapprocher le plus possible de la surface théorique.
  Considérons le cercle d'équateur et divi-sons-le en n parties égales. Joignons chacun de ces points au centre et menons par ces n rayons des plans perpendiculaires à l'équateur qui décomposent la surface en n parties égales suivant des demi-circonférences de grand cercle (correspondant aux cercles de longitude du globe terrestre).
  Ces n surfaces égales sont des fuseaux sphériques non développables dont la largeur est maximum à l'équateur pour devenir nulle aux pôles ou aux points de rencontre des extrémités des fuseaux, c'est-à-dire aux points où le diamètre perpendiculaire à l'équateur rencontre la surface de la sphère.

c'est-à-dire à la moitié du nombre des fuseaux.
 
Nous allons maintenant remplacer chacun de ces fuseaux sphériques par un fuseau de surface cylindrique qui sera développable.
  Considérons un polygone régulier de n côtés circonscrit à l'équateur et dont les sommets soient situés sur les n plans sectionnant la surface.
  Par deux côtés successifs de ce polygone, menons deux cylindres circonscrits à la sphère et ayant ces côtés comme directrices. Ils se couperont suivant une ellipse passant par les pôles et le sommet du polygone correspondant

 
aux 2 côtés considérés. Le plan de cette ellipse est perpendiculaire à l'équateur.
  Si par chacun des n côtés, nous menons ainsi n surfaces cylindriques, nous obtiendrons n ellipses d'intersection donnant n fuseaux cylindriques.
  Nous pouvons remarquer que les petit et grand
axe de l'ellipse sont égaux aux diamètres des circonférences inscrite et circonscrite du polygone de l'équateur.
  La surface sphérique est donc remplacée par un ensemble de n fuseaux cy-lindriques développables.
 
  Si nous coupons cet ensemble par un plan quelconque parallèle à l'équateur, la section ob-tenue sera un polygone régulier de n côtés cir-conscrit au cercle d'in-tersection avec la sphère.

  Nous donnons (Fg. 1) un fuseau cylindrique déve-loppé à construire graphiquement. Pratique-ment, il suffit de construire un quart de fuseau A O B. Divisons O B en p parties égales, la courbe A B sera supposée déterminée dès que nous connaîtrons les longueurs des p - 1 perpendiculaires analogues à C D.

  Le contour A B G H A étant obtenu, si l'on veut avoir une ouverture d'un diamètre d pour l'entrée de l'air chaud, on portera sur la base, et de part et d'autre de H une quantité
        
puis l'on raccordera par une courbe ou une droite les points I aux courbes A H et G H. Pour terminer le fuseau, il faut enfin lui conserver tout le long de la courbe une petite largeur sup-plémentaire et constante permettant le collage des fuseaux entre eux.
Voyons maintenant comment nous obtiendrons les longueurs des perpendiculaires analogues à C D,

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LE CERF-VOLANT
     

Considérons (fig. 2) un quart de cercle O A' B' et divisons le rayon O B' et l'arc de circon-férence A' B' chacun en 8 parties égales, par les points se correspondant D' et E' menons des perpendiculaires à O B' et OA' qui se coupent en un point C'.
  En construisant tous les points tels que C' et les réunissant par une ligne continue nous obtenons une courbe particulière appelée cosi-
      
nusoïde qui va nous permettre de déterminer un fuseau quelconque.
                  Si OA'=1,
nous remarquons que C' D' est égal au cosinus E'F' de l'angle E'OB' et que les chiffres placés à côté des perpendiculaires représentent leurs longueurs.
                                                  G. CAMUS,
(A suivre).                                         Ingénieur.


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Observation météorologique
                  par cerfs-volants


  Le dimanche 8 janvier à Issy, le ciel était couvert de nuages gris sombre qui se trou-vaient à 300 mètres de hauteur environ ; la température à deux mètres du sol était de 3°, la pression de 780 millimètres et le vent, de direction S. W., presque nul à terre atteignait 8 mètres à la seconde à 300 mètres. Vers 4 heures du soir, je redescendis mon " Alex " bi-cellulaire à ailes de 4m.50 après l'avoir perdu une demi-heure dans les nuages, et quel ne fut pas mon étonnement en constatant que l'appareil était recouvert d'une couche de glace de 1 millimètre environ qui se détachait au couteau en plaques parfaitement transparentes. A la réunion de la L.F.C.V. qui eutlieu le mardi 10,

 
tous les sociétaires racon-tèrent des faits analogues : sur la place de la Concorde à Antony, à Montrouge, on avait constaté la présence de la glace dans la zone des nuages : grâce à l'obligeance de M. P. Varnier l'actif vice-président du Drago-Club de Meaux affilié à la L.F.C.V., nous pûmes savoir qu'il en avait été de même à Meaux, éloigné de 43 kilomètres de Paris.
  Un phénomène embrassant une étendue aussi vaste est assez intéressant pour que nous tachions d'en déterminer les causes. Deux explications seulement nous paraissent plausibles : le vent a déposé à la surface de l'appareil de minuscules cristaux de glace qui se trouvaient en suspension dans l'atmo-sphère; le cerf-volant, mouillé pendant son séjour dans les nuages, a traversé pendant la descente des couches d'air moins humides, d'où, sous l'action du vent, une évaporation rapide qui a eu pour effet d'abaisser au-dessous de 0° la température de l'eau déposée sur l'appareil et de la congeler.
  Tous les expérimentateurs ont remarqué que la glace était plus épaisse sur les parties des surfaces les plus exposées au vent : Si nous admettons la première hypothèse, l'explication est facile : la surface recevait d'autant plus de glace que le vent la frappait plus normalement puisque le vent était lui-même le véhicule des petits cristaux dont nous avons parlé. Tout d'abord on peut croire qu'il en est de même dans l'autre hypothèse, et que l'éva-poration est proportionnelle à la vitesse du vent, en réalité elle atteint très rapidement une valeur limite où l'évaporation ne dépend plus que de l'état hygrométrique de l'atmo-sphère (principe du psychromètre-fronde) et c'est le cas, puisque le jour de l'expérience le vent atteignait une vitesse de 8 mètres environ.
  Mais la principale raison pour laquelle nous rejetons l'hypothèse de la congélation par évaporation, c'est que, en certains endroits, la neige a atteint une épaisseur de plusieurs millimètres, or une telle quantité d'eau ne peut rester sur une surface dont la position se rapproche de la verticale. Dans l'autre hypo-thèse au contraire, l'apport de glace se faisant d'une façon continuelle l'épaisseur constatée n'a rien d'invraisemblable et, fait très significatif, l'apport de glace était à peu près proportionnel à la durée de l'ascension.
  D'ailleurs, dans certains cas, la seconde hypothèse n'est même plus soutenable; les cerfs-volants des Drago-clubmen de Meaux par exemple prenaient parfois le nuage à 100 mètres et, avec la meilleure volonté du monde on ne peut admettre que dans un temps de descente aussi court l'évaporation ait pu produire le résultat constaté.

 
LE CERF-VOLANT
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 II nous paraît donc infiniment probable que les appareils se sont trouvés dans des nuages de glace tels que les aéronautes en rencon-trent quelquefois. Nous aurions désiré apprendre que la neige était tombée au Nord¬Est de Paris ce qui prouverait que les expérimentateurs ont eu la chance de surprendre la formation de neige, qui, en suspension, au-dessus de la région parisienne, se serait précipitée plus loin : malheureusement, le bureau central météorologique, où nous avons d'ailleurs été accueilli et renseigné avec la plus parfaite amabilité, ne reçoit que fort tard les feuilles des stations de province et le rédac-chef est féroce sur la date de remise des articles.

                                              M. GALTIER
                                Commissaire sportif de la L.F.C.V

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POUR FAVORISER L'EMPLOI
DU CERF-VOLANT
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############# DE SAUVETAGE


Coupe nationale
             des Sociétés affiliées


  ARTICLE PREMIER. - Dans le but d'intéresser les sociétés affiliées à la prospérité de la Ligue Française du Cerf-Volant, il est créé une coupe qui sera disputée, chaque année, par les membres des sociétés affiliées, à l'exclusion absolue des sociétaires de la Ligue Française du Cerf-Volant (Section principale de Paris).
  ARTICLE 2. - Afin de développer et de vul-gariser l'emploi du Cerf-Volant pour le sauve-tage des naufragés, le sujet de cette coupe, pour l'année 1911, portera sur les engins porte-amarres.
  ARTICLE 3. - La coupe nationale de la Ligue Française du cerf-volant sera attribuée à la Société affiliée dont l'un des membres au 31 décembre 1911, aura mis le moins de temps à établir une communication à une distance de 300 mètres et dans les conditions suivantes :
  a) Le concurrent devra lancer son appareil dans un espace mesurant au maximum 40 mètres de long sur 10 mètres de large. Dans l'esprit des organisateurs de la présente épreuve, cet emplacement est destiné à représenter un navire et trois aides au maximum, soit au total quatre personnes, pourront être employés.

 
 b) L'appareil complet étant dans son étui ou plié de telle sorte que l'épaisseur de l'engin démonté n'excède pas 40 cm., tel qu'il serait remisé à bord d'un navire, le concurrent devra établir la communication dans le minimum de temps, entre le moment où les commissaires donneront l'autorisation du montage jusqu'à l'instant où les sauveteurs recevront la communication.
  c) Le câble destiné à établir la communica-tion entre le navire et les sauveteurs devra avoir un diamètre minimum de 3 m/m. Au cas où la corde de retenue du cerf-volant serait destinée à établir le va-et-vient, elle devra avoir également 3 m/m.
  d) La coupe d'argent sera attribuée a la Société dont l'un des membres établira la communication dans le délai le plus bref.
  ARTICLE 4.- Tous les types de cerfs-volants sont admis sauf les appareils du commerce qui sont rigoureusement exclus du concours.
  ARTICLE 5. - La Société qui désirera prendre part à l'épreuve devra s'inscrire au moins 48 heures à l'avance, au siège social de la Ligue Française du Cerf-Volant, 32, rue Madame, à Paris, en faisant connaître les noms et adresses du concurrent pilote et des deux commissaires sportifs.
  ART. 6. - Les commissaires sportifs dont le nombre ne devra pas être inférieur à deux devront faire partie de la Ligue Française du Cerf-Volant ou de l'une de ses sociétés affiliées. Ils devront s'engager à ne pas concourir à l'épreuve de la Coupe du Sauvetage pour 1911.
  ART. 7. - Pour prendre part au concours, le concurrent devra s'être assuré que la section dont il fait partie a bien acquitté ses droits d'affiliation.
  ART 8. - Cette coupe pourra être disputée à partir du 1er janvier 1911. Elle sera attribuée le 31 décembre 1911 à la société dont l'un des membres aura rempli, à cette date, les condi-tions stipulées précédemment.
  ART. 9. - La coupe sera la propriété de la société vainqueur durant un an et il sera remis au concurrent qui l'aura gagnée une plaquette d'argent qui sera sa propriété définitive. La Coupe sera définitivement attribuée à la société classée vainqueur à deux reprises consécutives.
  ART. 10. - Au cas où le vent ferait défaut le jour de l'épreuve, le concurrent devra adresser un nouvel engagement, pour pouvoir tenter un deuxième essai.
  ART. 11. - La société concurrente et les commissaires sportifs devront faire connaître les résultats de l'épreuve au plus tard 48 heures après l'expérience et adresser au siège social de la Ligue, à Paris, au moins deux

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LE CERF-VOLANT
     

photographies représentant le matériel monté et démonté. Ces photographies devront être parvenues siège social au plus tard, huit jours après l'épreuve.
  ART. 12. - L'homologation de l'épreuve sera au faite dans la première quinzaine de janvier 1912 et les résultats publiés aussitôt après.
  Les organisateurs déclinent toute responsa-bilité quant aux accidents qui pourraient survenir aux concurrents pilotes ou à des tiers.
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       Construisez

  Notre confrère « Dunkerque-Sports » publie chaque dimanche une importante chronique de notre collaborateur R. Donzella. Nous sommes heureux de soumettre les quelques lignes ci-dessous à l'appréciation de nos lecteurs.

  «II pleut, le brouillard succède à la pluie, et celle-ci revient relayer le brouillard dans son humide faction.
  «Rien n'est plus contraire au sport que cette humidité redoutée des gens du plein air. Quel entraînement poursuivre par un tel temps? Les terrains de football sont détrempés, les pistes de courses à pied se transforment en ruisseaux, et les routes cyclables deviennent d'intermi-nables marécages.
  «L'on est, bien forcé, dès lors de rester chez soi, les bras ballants, à bayer aux corneilles. L'ennui vient, et rien pour le secouer...
  «Eh bien! jeunes gens, il faut réagir, il faut chasser ce néfaste engourdissement. Puis-que vous êtes obligés de rester en vos maisons, travaillez, improvisez-vous charpentiers, me-nuisiers ou mécaniciens.
  «Mais, direz-vous, que faire? que construire? pourquoi scier du bois ou marteler du fer? Le but étant trouvé : faites des cerfs-volants!
  «Oui, construisez des oiseaux de toile, et cette occupation vous passionnera à un point tel que vos heures de loisir qui vous sem-blaient, interminables, vous paraîtront mainte-nant trop courtes...
  «Construisez ! c'est déjà du sport ! en vue de ce sport que vous pourrez pratiquer cet été, pendant la saison, sur la plage ou sur les glacis.
  «Construisez, en vue des prochains, des très prochains concours qui auront lieu à Dunkerque, Calais, St-Omer, Lille.
«Construisez des cerfs-volants, vous n'y perdrez ni votre temps, ni votre argent! Vous vous instruirez en vous amusant. Le cerf-volant

 
passionne. L'essayer, c'est l'adopter, pourrait-on dire avec raison ! Et cela coûte si peu, d'essayer ?
  «C'est le moment de construire; au printemps vous peuplerez le ciel dunkerquois d'une infinité d'oiseaux de toile, de toutes tailles et de toutes formes, que vous semblerez animer de votre intelligence et de votre habileté.»

                                               R. DONZELLA.

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  Un étui de carton, deux bouchons
  et un fil de fer, pour construire
  un postillon automatique.


  La lecture du très intéressant article de M. G. Dubouchet sur les postillons automatiques, paru dans le n° 17 de décembre, m'a rappelé un fait que je crois intéressant de porter à la connaissance des lecteurs du « Cerf-Volant » pour le cas où ils se trouveraient embarrassés comme je le fus au cours d'un envol de cerf-volant.
  Ayant mis en l'air un cellulaire d'assez grande dimension, j'expliquai à mes jeunes enfants que je cherche à initier, les différentes expériences auxquelles on peut se livrer et leur citai entr’autres choses les expériences de Colladon et celle de Cabourg relatées dans le livre de M. Lecornu.
  Les enfants étaient ravis et me suppliaient de leur faire quelques-unes de ces expériences. J'étais fort embarrassé de les satisfaire car je n'avais pas de postillon automatique ; je voulais cependant leur être agréable. J'eus alors l'idée d'en confectionner un et j'y parvins de la manière suivante :
  Je pris un étui rond en carton ayant contenu un manchon à incandescence; j'en fis sauter le fond pour rendre les deux extrémités libres et permettre à la ficelle de retenue du cerf-volant de passer librement dans le tube ainsi formé. Vers le milieu du tube je fis une forte encoche dans le flanc du carton.
  A l'intérieur du tube, je disposai un fil de fer que j'avais préalablement passé dans deux bouchons ordinaires destinés à servir de glisseurs en épousant le contour intérieur du tube et maintenant le fil de fer dans la position voulue. Le fil de fer était plié en forme de long crochet avec à l'autre extrémité une tige pliée à angle droit avec anneau pour courir le long de la ficelle de retenue.
  L'ensemble me donnait un postillon auto-matique très acceptable et qui, ma foi ! fit merveille. Pour faire monter ce postillon im-provisé j'employais des éventails ou des para-

 
LE CERF-VOLANT
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chutes en papier, fabriqués sur place, qui tombaient ensuite avec les objets, pétards ou pantins qu'ils avaient emportés ; le postillon revenait entraîné par son propre poids.
  J'eus ainsi le plaisir de mettre en joie mes jeunes enfants et de goûter moi-même une grande
   

satisfaction dans ces expériences imprévues.
  Je serais très heureux si ma petite recette peut-être utile à quelque cerf-volantiste pris au dépourvu.
                                                  F. GRAGNON.

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   Les planeurs à grande envergure

  Dans les n° 16 et 17 du Cerf-Volant, MM. Marc Pujo et Roch Donzella nous ont montré d'une façon tangible, si l'on peut dire, les défauts incontestables du cellulaire Hargrave, et y ont obvié très rationnellement l'un par un décentrement des cellules, l'autre par des modifications tellement profondes qu'on ne reconnaît plus du tout dans le planeur Donzellla le Hargrave primitif.
  Encore que ces deux solutions soient assez satisfaisantes, relativement au rendement de l'appareil, je crois celui-ci encore grandement perfectible, pour cette raison principale que les surfaces considérées en elles-mêmes, dégagées de tous remous perturbateurs n'ont pas la forme - tant en plan qu'en coupe - de meilleure sustentation.
  Le but de cette note n'est pas d'apporter la solution définitive de ces problèmes très complexes, mais, glissant sur cette discussion d'ailleurs fertile en enseignements, d'aborder la question qui s'en dégage nettement, à savoir la recherche des formes et courbures de rendement optimum.

  Forme. - Au sujet de la forme, en plan, à donner aux surfaces sustentatrices, je conseil-lerai au lecteur de s'en rapporter complètement à M. Tatin dont les "Eléments d'aviation" d'une remarquable logique fournissent des réponses à tous arguments spécieux.
  La forme elliptique seule, peut être réservée : les plans directeurs, dans un cellulaire à grande envergure pouvant se multiplier sans inconvénient (1).

 
 Il est actuellement avéré que l'utilisation d'une surface de cerf-volant augmente avec l'envergure : les expériences si concluantes de Samuel Pierpont Langley (2) et celles plus récentes de Canovetti nous en donnent la cer-titude la plus absolue.
  Les cerfs-volantistes sont évidemment trop timides dans leurs nouveaux planeurs, quant au rapport de la longueur à l'envergure. Le rapport 1/10 ne me semble nullement exagéré et il y a fort à parier qu'il sera sûrement dépassé dans l'avenir.
  Disposition des plans. - Puisqu'il est bien établi que le plan inférieur de la cellule anté

   
rieure est vraiment efficace, il suffirait peut-être de décaler -d'un tiers par exemple- le plan supérieur de ladite cellule, pour que l'appel d'air ne puisse se produire (fig. 1) (3) et d'éloigner judicieusement la partie

      

postérieure semblable (fig. 2). Cette disposition adoptée au Drago-Club de Meaux n'a pas donné tous les résultats attendus, l'écartement suffisant n'ayant pas été observé.

(1) Nous ne nous sommes jamais aperçu que la résistance évidemment nuisible des plans directeurs était sensible. Avec un Hargrave à ailes (a, ?a, 3a) nous arrivons à la verticalité.
(2) Revue de l'Aéronautique (1° année), 1591. (3) Aérophile, 1909-1910. Description aéroplane-Goupy.

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LE CERF-VOLANT
     
 On objectera qu'un Hargrave construit de cette manière nécessitera une charpente lourde et quelque peu compliquée, et qu'ainsi l'excel-lence n'en serait pas démontrée.
  L'étude expérimentale, seule, donnant des résultats patents, je ne contredis pas. Toute-fois le bois creux peut être employé afin de diminuer le poids.

  Courbure. - Est-il utile, tout d'abord, de donner une courbure aux plans sustentateurs des cerfs-volants? Je pense que c'est un perfec-tionnement incontestable, car si un aviateur

éminent a combattu le principe de la courbure en matière d'aéroplanes, et a, à ce sujet, formulé des déductions très nettes qui se trouvent vérifiées pour la plupart aujourd'hui, il semble que, pour nous cerfs-volantistes, le même raisonnement nous conduise à des conclusions diamétralement opposées. Si, en effet, nous étions amené, à la suite d'un article sur les expériences de M. N.R Turn-hull (1), à écrire que «les courbures des plans sustentateurs disparaîtraient peu à peu dans les aéros de l'avenir» c'est que les vitesses de 20 mètres, 30 mètres, à la seconde, prévues à cette époque, ne sont compatibles qu'avec les plans minces n'offrant à l'air qu'un minimum de résistance. Mais tel n'est pas le cas pour nos appareils qui planent ordinairement avec une incidence moyenne de 20°, et qui sont par conséquent susceptibles d'être arqués sensi-blement, même avec un bord avant tangent (fig.3).
  Un avantage immédiat et qui se conçoit sans autres commentaires, c'est que le plan, dans les mêmes conditions d'expérimentation, pourra, pour supporter le même poids, être largement diminué.

  Nous espérons avoir réussi à intéresser les lecteurs du Cerf-Volant à la question du planeur à grande envergure.
  Un nombre très restreint d'amateurs ont


(l) CC. Revue de l'Aviation, 1908. Le, plan sustentateur de l'aéroplane
 
adopté des courbures rationnelles et se sont décidés à «faire grand».
  La plupart de ces innovateurs n'ont pas communiqué les constatations - à coup sûr fort intéressantes - qu'ils ont tirées de leurs expériences.
  Nous souhaitons qu'ils nous fassent connaître, dans le prochain numéro de cette revue leurs impressions.
                                                PIERRE POIRIER

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     Correspondance

La Rédaction du Cerf-Volant n'est pas responsable des opinions émises par ses correspondants. Aucune communication ne sera insérée si elle n'est accompagnée du nom et de l'adresse de son auteur.


  L'origine du Monocellulaire.
- A titre documentaire, et cette note n'enlevant au cerf-volant de M. Donzella aucune de ses qualités, je suis heureux de rappeler aux lecteurs de ce journal que la plupart des bazars de Paris vendent pour la très modique somme de 5 centimes, un monocellulaire oriental. Ce petit appareil se compose de deux cercles en rotin sur lesquels est tendu un papier très léger. L'aspect de ce cerf-volant reproduit exactement un sac cylindrique, démuni de fond.
  Je dois ajouter que je n'ai jamais vu cet appareil évoluer et je doute qu'il réunisse les belles qualités du monocellulaire Donzella.
  Toutefois, il confirme l'article de M. Marc Pujo, sur l'origine des cerfs-volants unicellu-laires.
                                               RENÉ VALLESAC.



  Train Madiot. - Je désirerais vivement construire un train semblable à celui du regretté capitaine Madiot. Quel sera le lecteur assez aimable pour nous donner la description détaillée avec plans, du cerf-volant Madiot, inconnu de la plupart des lecteurs de ce journal ?
                                                ANDRÉ BONNEAU.


  Un treuil pratique. - Je serais heureux de lire dans le Cerf-Volant, l'indispensable journal des cerfs-volantistes, la description détaillée d'un treuil, facile à construire pour un amateur et pouvant résister à 100 ou 150 kilogs de traction. Je remercie à l'avance mon aimable correspondant.
                                                    M. WALTIME

 
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        Assemblée générale annuelle

  L'assemblée générale annuelle de la Ligue Française du Cerf-Volant s'est tenue, le 10 janvier dernier, salle du Tambour, 10 place de la Bastille.
  La séance a été ouverte à neuf heures un quart, par la lecture du procès-verbal de la dernière séance, M. Houard rend compte des travaux effectués par la société, dans les six premiers mois de son existence, et le trésorier, M. Papin-Graef donne lecture des dépenses et recettes du premier semestre.
  Il est procédé ensuite au renouvellement du bureau, et à l'unanimité moins cinq votes nuls, l'assemblée accorde sa confiance au Comité provisoire, qui jusqu'ici a dirigé la société.
  Comme précédemment, le Bureau se compose donc des membres suivants :
  Président : M. J. Lecornu ; Vice-Présidents : M. J. Marcet et M. G. Houard ; secrétaire : M. André Frachet ; trésorier : M. G. Papin-Graef ; commissaire sportif : M. Galtier.
  Il est donné lecture des règlements du con-cours de cerfs-volants de l'Aéro-Club de Nice. Dans l'intérêt du concours, la Ligue Française du Cerf-Volant décide de dissuader l'Aéro-Club de Nice d'organiser son épreuve de cerfs-volants montés et de la remplacer par une épreuve du plus grand poids enlevé par Mq. Les autres catégories du concours sont approuvées.
  La Ligue Française du Cerf-Volant a reçu l'adhésion officielle de la Section de cerfs-volants du Club Aérostatique de Dunkerque, du Drago-Club de Meaux, et de l'Avia-Club d'Antony. Ces affiliations sont approuvées en-tièrement. La Ligue réunit donc à l'heure actuelle plus de 130 amateurs de cerfs-volants.
  Sur la proposition de M. Houard, le projet de banquet est annulé et remplacé par une conférence suivie de projections cinéma-tographiques.
  Un concours de cerfs-volants est organisé pour le dimanche 26 mars 19l1 Les règlements sont adoptés après modifications. Le soir du concours, un dîner intime réunira concurrents et commissaires sportifs.
  La séance est levée à 11 heures 1/2.

 

 
         Matériel d'Ascension

Une commission technique de la L.F.C.V. vient d'être créée dans le but d'aider la réalisation des ascensions montées. Au 1er mars prochain, la société possédera un train de 12 éléments qui formeront une surface de 96m2.

     Matériel de Photographie aérienne

Le capitaine Saconney a offert à la Ligue Française du Cerf-Volant, un matériel complet de photographie aérienne, commandé électrique-ment.
  On connaît trop les belles expériences effectuées sur les Côtes du Maroc, pour qu'il soit nécessaire de dire combien ce matériel est perfectionné. La Ligue Française du Cerf-Volant qui prendra dans quelques jours, possession de ces engins, tentera incessamment des expériences.

       Réunion du 24 Janvier 1911


  La séance est ouverte à 9h.1/4. La commis-sion technique se réunira le 31 janvier courant.
  La Ligue Française du Cerf-Volant ayant reçu du capitaine Saconney un matériel de photogra-phie aérienne, lui adresse ses remerciements les plus sincères. Elle fixe au dimanche 5 février les premiers essais de ce matériel.
  MM. Détable lancent aux membres de la Ligue Française du Cerf-Volant le défi suivant : «De réussir à élever un homme en cerf-volant avant que le train de la société soit en état de permettre lui-même une ascension.»
  A cet effet, la Ligue Française du Cerf-volant se rendra dans quelques semaines au terrain de Montrouge, pour assister à la première tentative.
  Diverses décisions sont adoptées et la société lève la séance à 11 heures.

          Avia-Club d'Antony
       Section de la Ligue française
            du cerf-volant

Depuis la fondation de la société, diverses ex-périences très intéressantes ont été effectuées

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par les membres du club, dont la prospérité est toujours croissante.
  Les trois premiers cerfs-volants du train (neuf mètres carrés) type Madiot, construits par MM Gachelin frères, ont été expérimentés avec succès; ils portent par vent de 6 à 8 mètres, 2kg.500 par mètre carré de surface. Trois autres, actuellement en construction, vont être terminés d'ici peu. Le câble employé aura une résistance de 1.400 kilos.
  Un matériel complet de porte-amarres com-prenant un cerf-volant à plans à incidences multiples construit par M. Platel, et un dispo-sitif de déclanchement automatique d'amarre, construit par M. Poirier, a donné toute satisfaction tant au point de vue du fonction-nement qu'au point de vue de la rapidité de manoeuvre.
  Des communications à longue distance vont être tentées prochainement ainsi que des études météorologiques, â l'aide d'un baro-thermo-hydrographe.
                      ***
  Dans sa dernière réunion, l'Avia-Club d'Antony a décidé d'organiser son premier concours. La date est fixée au dimanche 26 février, à 2 heures et demie. Le lieu choisi est son champ d'expériences, qui est situé route de Wissous à Antony.
  Plusieurs prix en espèces seront décernés aux concurrents vainqueurs ayant rempli les condi-tions du concours.
  Pour tous renseignements, s'adresser au siège social: Gachelin, 2, rue Galipeau, ou à M. Platel, président, 5, rue Suzanne, à Antony (Seine).
  Les engagements seront clos le samedi 25 février.

           « Drago-Club » de Meaux
        Section de la Ligue Francaise
               du Cerf-Volant

  Le 12 janvier, en pleine nuit, guidés par la pâle clarté de la lune, nous avons pu voir quatre cerfs-volants du «Drago-Club», appar-tenant aux types Conyne, Hargrave et Saconney, courir comme des taches noires sur la voûte du ciel.
  II s'agissait de comparer par le vent qui soufflait à ce moment (15 à 20 mètres à la seconde) les qualités de stabilité de ces types.
  Après une série de «soleils» le Conyne a été brisé. Les Saconney et le Hargrave ont admira-blement bien résisté, et l'un d'eux a tenu l'air 2 heures et demie, retenu par un câble double de celui qui lui est affecté ordinairement et manquant malgré cela de le rompre à chaque instant. La force ascen-sionnelle dépassait 5 kilos par mètre carré.
  Le concours entre ces deux types d'appareils reprendra à la prochaine tempête.
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  Partis du sol par un vent nord-est irrégulier et faible, les deux appareils du train d'ascen-sion expérimentés le dimanche 15 janvier, ne trouvèrent qu'à 350 mètres un courant plein très régulier et très intense. Par un ciel aussi pur, le poste météorologique de la Tour Eiffel lui-même n'aurait pu enregistrer ce

 
courant dont l'intensité était d'environ 15 m. à la seconde.
  Enlèvement du mannequin dans sa nacelle, puis d'un phare à acétylène qui était visible dans le secteur sud-ouest entre Quincy et Chauconin. On a signalé de Claye-Souilly qu'il a été par-faitement vu, et on pouvait certainement encore l'apercevoir de plus grande distance. Des expériences de signaux de nuit seront tentées à Pâques entre Meaux et un poste établi à Juilly.


        Section des Cerfs-Volants
    du Club-Aérostatique de Dunkerque
     (Affiliée à la Ligue Française
             du Cerf-Volant)


  Bien que le temps soit actuellement peu propice aux expériences de cerfs-volants, non par suite de l'absence de vent, - il en fait toujours à Dunkerque, - mais par suite des tempêtes incessantes, les essais isolés des membres de la Section se poursuivent néanmoins de façon assez régulière.
  L'annonce d'un prochain concours de cerfs-volants, organisé par Ia Section, a d'ailleurs donné un essor nouveau à notre sport favori. Il comprendra sans doute une course de vitesse sur un ou deux kilomètres - la plage offrant un espace illimité, - entre bicyclettes remorquées par des tracteurs aériens. Ce projet sera certainement accueilli avec faveur par les amateurs dunkerquois.
  La Section possède un appareil qui doit être assez rare en France : nous voulons parler d'un grand cerf-volant «Hugo-le-Nickel», de 8 mètres de long et 4 mètres d'envergure, qui a déjà enlevé de terre plus de 30 kilos. Cet appareil, qui appartient à M. Lecouffe, compte à son actif de nombreuses ascensions. Nous parlerons prochainement d'autres appareils appartenant également à des membres de la Section.

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           A nos lecteurs
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  Au moment de mettre sous presse, nous recevons de notre distingué collaborateur, M. le capitaine J.-Th. Saconney, un article des plus intéressants et qui renferme pour un cerf-volantiste, des renseignements de grande valeur.
  L'importance de cet ouvrage nous obligera à retrancher de notre prochain fascicule plusieurs chroniques dont nous reporterons la publication au numéro suivant.



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